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Le Récap' de la semaine

  • Economie, emploi et travail

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#Cyberharcèlement

En Azerbaïdjan, des opposants politiques au régime du président Ilham Aliev sont victimes de tentatives de chantage et d’intimidation, de la part d’individus qui leur envoient des images intimes d’eux ou de leurs proches tournées à leur insu. Les vidéos et photos sont prises par des caméras cachées, introduites dans les foyers des victimes, et généralement diffusées sur une chaîne Telegram ou des comptes Facebook. Selon l’activiste Arzu Geybulla, fondatrice du site Azerbaijan Internet Watch, une dizaine de femmes ont été victimes de chantage à partir de “sextapes” depuis le début de l’année. Le plus souvent, ce cyberharcèlement vise des militantes féministes et des opposants au régime, à l’instar de Lacin Veliyev, militant du parti Front populaire d’Azerbaïdjan, en détention depuis fin mars. Ce dernier, après avoir reçu une vidéo intime dans laquelle on peut le voir avec son épouse, s’est déclaré prêt à signer n’importe quels aveux pourvu que la vidéo ne soit pas rendue publique. Le 28 mars dernier, le président du parti Conseil national des forces démocratiques Jamil Hasanli a également été visé à travers une vidéo montrant les ébats de sa fille. L’ensemble des victimes accusent le régime, qui utilise des pratiques diverses pour discréditer ses opposants. Ainsi, des adresses IP de services des ministères de l’intérieur et des communications auraient été utilisées lors de tentatives de piratage de comptes de membres de l’opposition. Les autorités démentent cependant formellement ces accusations, et assurent mener des enquêtes à la suite des plaintes déposées par les victimes de cyberharcèlement. (Lire l’article)

 

#Applications&Enfants

Le groupe Disney et diverses sociétés de publicité se sont accordés sur des changements en matière de protection de la vie privée dans les applications numériques destinées aux enfants. En effet, dans le cadre d’accords juridiques qui pourraient remodeler le marché des applications pour enfants, Disney, Viacom et dix sociétés de technologie publicitaire ont accepté de retirer certains logiciels des applications pour enfants afin de répondre aux accusations de violation de la vie privée de millions de jeunes. Ces accords ont été pensés à la suite de poursuites lancées à l’encontre de logiciels de suivi qui auraient été installés dans des applications de jeux pour enfants, à l’insu des parents et sans leur consentement. Ces traceurs peuvent notamment être utilisés pour établir le profil des enfants à travers les applications et les terminaux qu’ils utilisent, les cibler avec des publicités et les pousser à effectuer des achats. Dans le cadre des accords approuvés par un juge du tribunal fédéral de Californie, les entreprises concernées ont accepté de supprimer ou de désactiver ces logiciels de suivi. Les développeurs d’applications pourront cependant toujours afficher des publicités contextuelles basées sur le contenu d’une application. Selon les associations de défense des droits des enfants impliquées dans l’affaire, cette décision de justice pourrait, à terme, entraîner des changements à l’échelle du secteur pour les applications et les publicités destinées aux jeunes. Josh Golin, directeur exécutif de Campaign for a Commercial-Free Childhood, une organisation à but non lucratif basée à Boston, a souligné à cet égard qu’il s’agit là du “plus grand changement que nous ayons vu sur le marché des applications pour enfants, qui touche aux modèles économiques”. (Lire l’article)

 

#3018

Depuis le 13 avril, un nouveau numéro a été mis en place pour porter assistance aux jeunes victimes de violences en ligne. Toujours géré par l’association e-Enfance, ce numéro est désormais le 3018. Il remplace le Net Ecoute 0 800 200 000 qui existait depuis 2009, et dont la longueur le rendait difficile à retenir, d’autant plus pour les plus jeunes. Comme souligné par Adrien Taquet, secrétaire d’État chargé de l’enfance et des familles auprès du ministre des solidarités et de la santé, ce changement intervient alors que les cyberviolences sont en hausse de 30 %, notamment en raison des confinements successifs imposés du fait de la crise sanitaire. Ce numéro est accessible par téléphone 6 jours sur 7 (sauf le dimanche) de 9h à 20h. Il est également accompagné d’un site web, le 3018.fr , où il est possible d’échanger par un tchat en ligne, via mail, ou par le biais d’une application de messagerie instantanée. L’échange avec un membre du 3018 se fait de manière entièrement anonymisée (même en passant par une application de messagerie, le nom de la victime n’apparaît pas), gratuite et confidentielle. Par ailleurs, les équipes du dispositif peuvent également répondre aux interrogations des parents, en apportant une aide juridique ou psychologique. La plateforme dispose en outre du statut de “tiers de confiance” auprès de nombreux réseaux sociaux, parmi lesquels Facebook, Twitter, Snapchat, TikTok, Instagram, Twitch, YouTube, Discord, Roblox et Yubo. En cas de signalement, les équipes du 3018 peuvent ainsi accélérer la prise en charge, en analysant le contenu ou le compte signalé par la victime, et en constituant un dossier juridique à destination des modérateurs. (Lire l’article)

 

#ReconnaissanceFacialeVsDroitsCivils

Le 9 janvier 2020, la police de Détroit a procédé à l’arrestation de Robert Williams, un homme noir accusé d’avoir volé des montres dans un magasin de luxe. L’arrestation, basée sur une mauvaise correspondance du système de reconnaissance faciale utilisé par la police de la ville, s’est ultérieurement révélée injustifiée. Deux autres cas d’arrestations “par erreur” ont depuis été rendus publics. Dans les deux cas, il s’agit également d’hommes noirs. Tous deux ont intenté une action en justice. De leur côté, l’American Civil Liberties Union (ACLU) et la Civil Rights Litigation Initiative de la faculté de droit de l’université du Michigan ont intenté un procès au nom de M. Williams. Les deux associations allèguent que cette arrestation va à l’encontre des droits de M. Williams, en particulier ceux stipulés au quatrième amendement de la Constitution américaine (qui protège les individus contre les arrestations arbitraires et les perquisitions et saisies non motivées), et est contraire à la loi sur les droits civils du Michigan. M. Williams, qui a passé une nuit en prison à la suite de son arrestation, souhaite également l’interdiction définitive de l’utilisation de technologies de reconnaissance faciale par la police de Détroit. Les difficultés de ces technologies à identifier les personnes à la peau foncée sont bien documentées. Leur utilisation à des fins d’investigation policière dans une ville comme Détroit, ou plus de 80% de la population et d’origine afro-américaine, s’avère donc particulièrement problématique. Selon Eric Williams, juriste à l’Economic Equity Practice du centre de justice de Détroit, cela revient à “accorde[r] clairement moins de valeur à la vie, aux moyens de subsistance et aux libertés civiles des Noirs qu’à ceux des Blancs”. Le procès intenté au nom de Robert Williams entend à cet égard démontrer que l’utilisation de ces technologies repose avant tout sur une question de droits civiques. (Lire l’article)