Logo
Thématique
Economie, emploi et travail
Politiques, institutions et démocratie
Libertés publiques et éthique
Inclusion numérique et solidarité

decryptage

Le Récap' de la semaine

  • Economie, emploi et travail

Le Récap' de la semaine

  • Economie, emploi et travail

Retrouvez tous nos Récap' sur Medium

 

#ÉvolutionDuWeb

Avec la récente succession d’annonces portant sur la mise en place de dispositifs visant à protéger la vie privée des utilisateurs d’internet (ex. fin des cookies tiers), on assiste à un tournant dans la manière dont les données personnelles sont utilisées et dont les revenus sont générés sur le web. La question de la publicité est ici centrale. Depuis plus de 20 ans, elle est la principale source de revenus des géants d’internet et autres acteurs du web, dont le modèle d’affaires repose sur la mise à disposition des données de leurs utilisateurs, notamment à des fins de ciblage publicitaire par des acteurs tiers. Face aux diverses initiatives visant à protéger davantage les données et la vie privée des internautes, cette industrie, qui représente près de 350 milliards de dollars, doit aujourd’hui se réinventer. Certains acteurs (notamment des petits commerces locaux) dont la présence en ligne passe largement par les réseaux sociaux, et dont la stratégie commerciale repose sur l’exploitation de données personnelles jusqu’alors largement fournies par ces derniers, font face à des pertes de revenus sans précédent. De leur côté, les acteurs qui fournissaient jusqu’alors ces données s’efforcent de trouver de nouveau moyens de cibler des acheteurs potentiels sans utiliser leurs données. Selon Jeff Green, directeur général de la société Trade Desk, spécialisée dans l’ad-tech, l’internet se retrouve aujourd’hui forcé de répondre à une question à laquelle il est confronté depuis des années : comment s’autofinancer ? Alors que les façons d’y répondre varient d’un acteur à un autre, d’aucuns craignent de voir apparaître un internet “à la carte”. (Lire l’article)

 

#TrollÉlection

Un rapport interne à Facebook, obtenu par le média en ligne MIT Technology Review, révèle qu’au cours de l’année précédant la dernière élection présidentielle américaine, les pages ciblant les communautés chrétiennes et afro-américaines les plus populaires du réseau social étaient en réalité tenues par des usines à troll basée en Europe de l’Est. Ces groupements, dont le principe est d’inonder de manière coordonnée les réseaux sociaux de contenu provoquant et engagé pour soutenir une idéologie, ont atteint près de 140 millions d’utilisateurs américains par mois et 360 millions de personnes à travers le monde. Ces chiffres dépassent de très loin les audiences générées par les autres pages de Facebook (le groupe Walmart, qui possède la deuxième plus grande audience, touche 100 millions de personnes) et constitue une grave atteinte au processus démocratique américain. Selon le rapport, les groupes démographiques ciblés étaient les mêmes que ceux ciblés par l’Internet Research Agency (IRA) soutenue par le Kremlin afin d’influencer l’élection de 2016 en faveur de Donald Trump. Une enquête journalistique ainsi que le rapport de Facebook établissent d’ailleurs de potentiels liens entre l’IRA et les usines à troll de Macédoine du Nord. En outre, cette révélation questionne le système de recommandation algorithmique utilisé par la plateforme. L’enquête interne met en effet en avant trois raisons pouvant expliquer le grand nombre d’utilisateurs touchés par les campagnes des usines à troll : le fait de ne pas pénaliser des groupes influents pour le fait de poster du contenu non inédit (permettant aux groupes de trolls de reprendre du contenu populaire pour se faire connaître), le fait de mettre en avant les contenus populaires de certaines pages à des personnes qui n’y sont pas abonnées, et le fait que le système de classement des contenus favorise la diffusion et la remontée de contenus engagés dans le fil d’actualité des utilisateurs, indépendamment de leur qualité. (Lire l’article)

 

#Biométrie&Réfugiés

Dans les camps de réfugiés syriens en Jordanie, plus de 80% des 33 000 personnes bénéficiaires du système d’aide financière de l’ONU doivent soumettre un scanner de leur iris afin de pouvoir faire vérifier leur identité pour des tâches du quotidien, par exemple faire leurs courses. Si le programme n’est pas obligatoire, ne pas y souscrire rend extrêmement complexe le processus d’identification indispensable à l’attribution des aides financières. Selon IrisGuard, l’entreprise qui fournit cette technologie, le but est de sécuriser le processus d’assistance alimentaire en évitant les fraudes (ex. une double inscription), et de vérifier rapidement l’identité des réfugiés sans porter atteinte à leur dignité. Un groupe d'avocats spécialisés dans les droits des réfugiés s’insurge toutefois contre ce « solutionnisme technologique », qui ne se soucie pas des potentielles conséquences néfastes de telles technologies pour les droits humains. En outre, les défenseurs des droits des réfugiés considèrent ce dispositif disproportionné vis-à-vis du risque occasionnel de fraude dans le cadre du programme d’assistance. Selon ces derniers, les risques encourus par les réfugiés sont qui plus est bien plus importants que les bénéfices qu’il confère. En cas de fuite de données, les informations biométriques d’un individu sont immuables et ne peuvent pas être changées comme on changerait un mot de passe. Dans le cadre des scans de l’iris, cela pose notamment la question du consentement tout au long de la vie. Ces données pourraient par ailleurs être utilisées par le gouvernement du pays d’origine des réfugiés et des pays voisins, dans une logique de gestion des flux migratoires qui se ferait en leur défaveur. (Lire l’article)